L’article L. 5422-1 du Code du travail rattache l’allocation d’assurance aux personnes privées involontairement d’emploi, ce qui inclut le salarié dont l’employeur prononce le licenciement. Une faute grave ne supprime donc pas, à elle seule, le droit au chômage. Le motif disciplinaire entraîne surtout des conséquences sur la fin du contrat : départ immédiat de l’entreprise, absence d’indemnité légale de licenciement et absence d’indemnité compensatrice de préavis. L’allocation d’aide au retour à l’emploi, ou ARE, obéit à une logique distincte. France Travail examine la durée d’affiliation, l’inscription comme demandeur d’emploi, l’aptitude à travailler, la résidence et les démarches de recherche d’activité.
Cette distinction évite une confusion coûteuse. Un salarié peut perdre plusieurs indemnités versées lors de la rupture de contrat tout en conservant une possibilité d’indemnisation par l’assurance chômage. Le versement n’est ni instantané ni automatique : il faut récupérer les documents de fin de contrat, s’inscrire auprès de France Travail et transmettre les informations nécessaires. Une contestation devant le conseil de prud’hommes peut aussi être engagée sans suspendre l’étude du dossier d’ARE. Les droits des salariés se jouent donc sur deux terrains parallèles : l’indemnisation du chômage et la validité du licenciement.
En Bref
- Le licenciement pour faute grave constitue une privation involontaire d’emploi au regard de l’assurance chômage.
- Le salarié peut percevoir l’ARE s’il remplit les conditions générales d’affiliation et d’inscription auprès de France Travail.
- La faute grave prive en principe de l’indemnité légale de licenciement et de l’indemnité compensatrice de préavis.
- L’indemnité compensatrice de congés payés reste due pour les jours acquis qui n’ont pas été pris.
- Une action devant les prud’hommes peut permettre d’obtenir une requalification et des sommes complémentaires.
Licenciement pour faute grave et droit au chômage : la règle applicable
La réponse de principe est favorable au salarié : un licenciement pour faute grave ouvre la voie à l’allocation chômage. Pour l’assurance chômage, l’élément décisif tient à l’auteur de la rupture. L’employeur met fin au contrat, de sorte que la perte de l’emploi présente un caractère involontaire. Le comportement reproché au salarié ne transforme pas cette rupture en démission.
Cette règle s’applique aux différents licenciements pour motif personnel. Une insuffisance professionnelle, une cause réelle et sérieuse, une faute simple, une faute grave ou une faute lourde conduisent toutes à une rupture décidée par l’entreprise. Le niveau de gravité modifie les conséquences financières du départ, mais il ne crée pas une exclusion générale de l’ARE. France Travail le précise dans sa fiche consacrée au licenciement pour raison personnelle : le salarié licencié peut être indemnisé s’il satisfait aux autres conditions d’accès.
Pourquoi la faute grave ne supprime pas l’assurance chômage
L’assurance chômage couvre le risque de perte involontaire d’activité. Elle n’a pas pour fonction de rejuger la sanction disciplinaire prononcée dans l’entreprise. Lors de l’ouverture du dossier, France Travail vérifie la nature de la rupture mentionnée dans l’attestation employeur et les éléments liés à l’affiliation. L’organisme ne conduit pas une nouvelle enquête sur les faits reprochés.
Un abandon de poste, des absences injustifiées, une insubordination ou un manquement aux règles de sécurité peuvent servir de fondement à une faute grave selon le contexte. Si l’employeur engage une procédure de licenciement et notifie la rupture, le salarié se trouve licencié. Son dossier d’assurance chômage suit alors le régime d’une perte involontaire d’emploi, sous réserve que les autres critères soient réunis.
Le raisonnement diffère lorsque le contrat prend fin par une démission présumée après un abandon de poste. L’article L. 1237-1-1 du Code du travail permet à l’employeur, après une mise en demeure restée sans réponse dans le délai applicable, de considérer le salarié comme démissionnaire. La qualification inscrite dans les documents de fin de contrat devient alors déterminante. Une démission ne déclenche pas les mêmes règles d’indemnisation qu’un licenciement.
Faute grave, faute lourde et cause réelle et sérieuse
La faute grave correspond à un comportement qui rend impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, y compris pendant le préavis. La faute lourde suppose en plus une intention de nuire à l’employeur. Cette intention doit ressortir des faits et ne se déduit pas du seul caractère sérieux d’un manquement. La cause réelle et sérieuse couvre un champ plus large, dans lequel le contrat peut être rompu avec exécution ou paiement du préavis.
Ces qualifications produisent des effets différents sur les sommes dues par l’entreprise. Elles restent sans incidence directe sur la qualification de privation involontaire d’emploi. Même en présence d’une faute lourde, l’initiative formelle de la rupture appartient à l’employeur. Le salarié peut donc déposer une demande d’ARE.
Un licenciement ne garantit toutefois aucun montant précis. Une personne ayant travaillé pendant une période trop courte, résidant hors du champ territorial applicable ou ne recherchant pas d’emploi peut recevoir une décision de refus. Le motif disciplinaire n’explique alors pas le rejet : celui-ci résulte d’une autre condition réglementaire.
Le cas des contrats à durée déterminée
La faute grave peut aussi entraîner la rupture anticipée d’un contrat à durée déterminée. Le salarié perd alors son emploi avant l’échéance prévue. France Travail étudie cette fin d’activité au regard des informations transmises par l’employeur et de l’historique professionnel du demandeur. Les périodes travaillées dans plusieurs entreprises peuvent être prises en compte dans la période de référence.
La rupture anticipée pour faute grave peut supprimer l’indemnité de fin de contrat normalement attachée à certains CDD. Elle ne fait pas disparaître l’indemnité compensatrice correspondant aux congés acquis. Le demandeur doit donc distinguer la créance détenue contre l’employeur des prestations susceptibles d’être versées par France Travail.
Conditions pour percevoir l’ARE après une faute grave
Le droit théorique au chômage doit être complété par une ouverture effective des droits. France Travail contrôle plusieurs critères communs à l’ensemble des demandeurs d’emploi. Le salarié licencié doit notamment justifier d’une durée de travail suffisante sur la période de référence, s’inscrire dans le délai réglementaire, être apte à exercer une activité et accomplir des démarches en vue de retrouver un emploi.
Le règlement d’assurance chômage agréé par un arrêté publié au Journal officiel le 20 décembre 2024 fixe une affiliation minimale de 130 jours travaillés ou 910 heures, soit environ six mois. La recherche s’effectue en principe sur les 24 mois précédant la fin du contrat pour les personnes âgées de moins de 55 ans. Une période de 36 mois s’applique à partir de cet âge.
Les critères examinés par France Travail
La demande d’allocation suppose une inscription comme demandeur d’emploi. Elle doit intervenir dans les douze mois qui suivent la fin du contrat, sauf situation permettant une prolongation de ce délai. Une inscription rapide facilite la collecte des justificatifs et limite le décalage entre la fin d’activité et l’étude du dossier.
Le demandeur doit également résider sur le territoire couvert par le régime, être physiquement apte à travailler et ne pas avoir atteint les conditions permettant une retraite à taux plein selon les règles applicables à sa situation. Les périodes d’emploi antérieures sont reconstituées à partir des attestations employeur et des données déclarées par les entreprises.
- Justifier d’au moins 130 jours travaillés ou 910 heures au cours de la période de référence applicable.
- S’inscrire auprès de France Travail dans les douze mois suivant la rupture de contrat.
- Résider dans une zone couverte par le régime d’assurance chômage.
- Être apte à occuper un emploi et disponible pour effectuer des démarches professionnelles.
- Actualiser sa situation chaque mois selon le calendrier communiqué par France Travail.
- Déclarer toute reprise d’activité, même courte ou exercée à temps partiel.
La liste permet de repérer les principaux contrôles, mais chaque situation conserve ses particularités. Un arrêt maladie, un congé lié à la parentalité, une formation ou une activité exercée à l’étranger peut modifier la période examinée. Les justificatifs doivent être transmis avec précision afin que les périodes neutralisées ou assimilées soient correctement identifiées.
Comment les périodes de travail sont additionnées
L’affiliation peut provenir de plusieurs contrats. Un CDI rompu après quelques mois ne constitue donc pas toujours l’unique base de calcul. France Travail peut additionner des emplois salariés accomplis chez différents employeurs pendant la période de référence, dès lors que ces activités relevaient de l’assurance chômage.
Un salarié licencié après quatre mois dans une entreprise peut, par exemple, avoir travaillé trois mois chez un employeur précédent. Les périodes peuvent permettre d’atteindre le seuil requis. Les dates exactes, les salaires déclarés et les motifs de rupture de chaque activité servent alors à établir le dossier.
Les emplois conservés ou repris nécessitent une analyse particulière. Une personne peut perdre un poste tout en gardant une seconde activité salariée. L’ARE peut alors être calculée en tenant compte du revenu conservé, selon les règles de cumul. Une reprise d’emploi pendant l’indemnisation doit être déclarée, car elle peut réduire l’allocation mensuelle et prolonger la durée des droits non consommés.
Recherche d’emploi et actualisation mensuelle
L’inscription ne suffit pas à maintenir les paiements. Le demandeur doit actualiser sa situation pendant la période indiquée par France Travail. Cette déclaration mentionne les heures travaillées, les salaires, les arrêts maladie, les formations et tout changement susceptible de modifier l’indemnisation.
Une omission peut entraîner un paiement indu, suivi d’une demande de remboursement. La déclaration d’une activité n’entraîne pas systématiquement la perte de l’ARE. Selon les revenus perçus, une partie de l’allocation peut demeurer versée. Les bulletins de salaire permettent ensuite de régulariser le montant.
Les démarches de recherche doivent être réelles et justifiables. Candidatures, entretiens, participation à une formation validée, création d’entreprise ou actions prévues avec le conseiller peuvent alimenter le dossier. Conserver les courriels de candidature, convocations et réponses reçues aide en cas de contrôle.
Indemnités perdues, sommes conservées et délais avant le chômage
La confusion entre indemnités de rupture et allocation chômage explique une grande partie des inquiétudes. Ces versements n’ont ni le même débiteur ni la même finalité. L’employeur règle les sommes dues au titre du contrat de travail, tandis que France Travail verse l’ARE après vérification des conditions d’admission.
La faute grave produit un effet immédiat sur le préavis. Le salarié quitte l’entreprise dès la notification, sous réserve des modalités retenues pendant la procédure. Il ne perçoit normalement ni salaire de préavis ni indemnité compensatrice correspondante. L’indemnité légale de licenciement n’est pas due non plus, sauf convention collective, accord ou contrat accordant une garantie plus favorable.
Comparaison des sommes selon le motif de rupture
| Type de rupture | Préavis payé | Indemnité légale de licenciement | Congés payés acquis | Examen possible de l’ARE |
|---|---|---|---|---|
| Licenciement pour cause réelle et sérieuse | Oui, sauf dispense avec régime particulier | Oui, si ancienneté requise | Oui | Oui |
| Licenciement pour faute grave | Non en principe | Non en principe | Oui | Oui |
| Licenciement pour faute lourde | Non en principe | Non en principe | Oui | Oui |
| Rupture conventionnelle homologuée | Aucun préavis légal imposé | Indemnité spécifique minimale | Oui | Oui |
Ce tableau présente les règles générales. Une convention collective peut améliorer le traitement du salarié, y compris en présence d’une sanction disciplinaire. Il faut lire les clauses relatives à la rupture, à l’ancienneté et aux garanties de rémunération. Certaines entreprises prévoient aussi des dispositions internes issues d’un accord collectif.
L’indemnité compensatrice de congés payés reste due
Les congés payés acquis constituent une créance liée au travail déjà accompli. Lorsque le salarié n’a pas pu les prendre avant son départ, l’employeur verse une indemnité compensatrice. Cette règle s’applique même si le licenciement repose sur une faute lourde.
Le solde de tout compte doit reprendre cette somme, le salaire restant dû, les primes acquises et les éventuels remboursements de frais. La signature du reçu n’est pas obligatoire. Lorsqu’il est signé, son effet libératoire concerne les sommes qui y figurent et s’exerce dans le cadre du délai légal de contestation.
Une prime annuelle peut être calculée au prorata lorsque le contrat ou la convention collective le prévoit. À l’inverse, une prime conditionnée à la présence dans l’entreprise à une date précise peut suivre une autre règle. Le libellé du texte applicable doit être examiné avant d’accepter le calcul présenté.
Différé d’indemnisation et délai d’attente
L’ARE ne commence généralement pas le lendemain du départ. Un différé lié aux congés payés peut s’appliquer lorsque l’employeur verse une indemnité compensatrice. Sa durée dépend du montant réglé et du salaire journalier de référence, dans la limite prévue par la réglementation.
Un délai d’attente de sept jours intervient également dans de nombreuses ouvertures de droits. Il ne s’applique pas à chaque reprise de paiement lorsque le demandeur en a déjà supporté un au cours de la période réglementaire. La notification de France Travail indique la date de début d’indemnisation retenue.
Le différé spécifique lié aux indemnités supra-légales concerne les sommes versées au-delà des minima imposés. Il apparaît davantage lors d’une transaction, d’une indemnité conventionnelle élevée ou d’un accord conclu après la rupture. La faute grave peut réduire ce type de différé puisque l’indemnité légale disparaît en principe, mais un accord transactionnel ultérieur peut modifier le calendrier.
Montant de l’allocation chômage
Le montant de l’ARE dépend des rémunérations soumises à l’assurance chômage pendant la période de calcul. La gravité de la faute n’applique aucun abattement disciplinaire à l’allocation. France Travail reconstitue un salaire de référence, puis détermine un salaire journalier et une allocation journalière selon les paramètres réglementaires.
Les primes déclarées et rattachées à la période peuvent être intégrées. Les remboursements de frais professionnels restent exclus du salaire de référence. Une erreur sur l’attestation employeur, notamment dans les rémunérations ou les dates, peut donc diminuer le montant ou retarder l’étude.
La notification d’ouverture des droits détaille normalement la durée, le montant journalier et le premier jour indemnisable. En cas d’incohérence, le demandeur peut adresser une réclamation accompagnée de ses bulletins de salaire et de son contrat. Une médiation régionale peut intervenir après une première démarche restée infructueuse.
Procédure de licenciement et démarches auprès de France Travail
Une procédure de licenciement pour faute grave suit plusieurs étapes. L’employeur convoque le salarié à un entretien préalable, respecte un délai entre la présentation de la convocation et l’entretien, puis notifie sa décision par écrit. La lettre fixe les motifs qui pourront être discutés en cas de contentieux.
La mise à pied conservatoire apparaît souvent dans ce contexte. Elle écarte temporairement le salarié lorsque sa présence dans l’entreprise semble incompatible avec les faits reprochés. Elle ne constitue pas automatiquement une sanction disciplinaire. Si la faute grave est finalement retenue, la période concernée n’est généralement pas rémunérée.
Les étapes de la procédure disciplinaire
- L’employeur identifie des faits qu’il considère comme fautifs et rassemble les éléments utiles.
- Une convocation à l’entretien préalable est remise en main propre ou envoyée selon une forme permettant d’établir sa réception.
- Le salarié peut préparer ses observations et se faire assister dans les conditions prévues par le Code du travail.
- L’entretien permet à l’employeur d’exposer les griefs et au salarié de fournir ses explications.
- La lettre de licenciement est envoyée après le délai minimal applicable et expose les faits retenus.
- Les documents de fin de contrat sont établis afin de permettre les démarches sociales et professionnelles.
L’employeur dispose en matière disciplinaire d’un délai de deux mois à compter du jour où il a eu connaissance des faits pour engager des poursuites, sauf exception telle qu’une procédure pénale. Un fait déjà sanctionné ne peut en principe servir une seconde fois de fondement disciplinaire. L’historique peut toutefois éclairer une nouvelle sanction lorsque des faits distincts surviennent.
Le salarié a intérêt à conserver la convocation, l’enveloppe, la lettre de licenciement, les échanges électroniques et les documents liés aux griefs. Les dates de réception permettent de vérifier les délais. Les comptes rendus, plannings et consignes internes peuvent aider à reconstituer les circonstances.
Les documents à récupérer après la rupture
L’employeur doit remettre un certificat de travail, un reçu pour solde de tout compte et une attestation destinée à France Travail. Cette dernière joue un rôle central dans l’ouverture de l’ARE. Elle indique notamment les dates d’emploi, les rémunérations déclarées et le motif de fin de contrat.
Une mention erronée peut bloquer le dossier. Si l’attestation évoque une démission alors que la lettre notifie un licenciement, le salarié doit demander une correction écrite à l’entreprise et transmettre les pièces contradictoires à France Travail. La demande gagne à préciser l’erreur ligne par ligne.
Le certificat de travail mentionne les dates d’entrée et de sortie ainsi que la nature des emplois occupés. Il contient également les informations exigées sur le maintien éventuel des garanties de santé et de prévoyance. Son contenu facilite les démarches auprès du nouvel employeur et des organismes sociaux.
S’inscrire sans attendre la résolution d’un litige
Une contestation du licenciement peut durer plusieurs mois. L’inscription auprès de France Travail ne doit pas dépendre de l’issue prud’homale. Le demandeur déclare la situation telle qu’elle ressort des documents disponibles et complète son dossier lorsque de nouvelles décisions interviennent.
L’inscription en ligne exige des informations d’identité, un numéro de sécurité sociale, un relevé d’identité bancaire et des éléments sur les activités antérieures. L’attestation employeur est souvent transmise directement par l’entreprise, mais le salarié doit vérifier sa présence dans son espace personnel.
Après l’inscription, un entretien ou un parcours d’accompagnement peut être proposé. Le demandeur définit ses recherches, sa disponibilité, ses compétences et son projet professionnel. La nature disciplinaire du départ ne réduit pas la capacité à bénéficier de cet accompagnement.
Réagir en cas de retard de l’employeur
L’absence d’attestation ne rend pas l’inscription impossible. Le salarié peut commencer la démarche avec son certificat, sa lettre de licenciement et ses bulletins de salaire. France Travail peut demander des pièces complémentaires ou solliciter les données manquantes.
Une relance écrite à l’employeur doit identifier le document réclamé et rappeler la date de fin du contrat. Si le retard cause un préjudice démontrable, une demande de réparation peut être présentée devant le conseil de prud’hommes. Les preuves du retard et de ses conséquences doivent être conservées.
Une erreur matérielle se règle souvent par une attestation rectificative. Le salarié doit ensuite vérifier que la nouvelle version a bien remplacé l’ancienne dans le système de France Travail. Cette vérification évite qu’une première déclaration inexacte continue d’orienter le traitement du dossier.
Contester une faute grave aux prud’hommes sans perdre ses droits
Le salarié peut contester le motif ou la régularité de la rupture devant le conseil de prud’hommes. Cette action n’empêche pas l’ouverture de droits auprès de France Travail. Jusqu’à une décision ou un accord modifiant la situation, l’organisme traite le dossier à partir du licenciement déclaré par l’employeur.
La contestation peut porter sur la réalité des faits, leur imputabilité, leur gravité ou le respect de la procédure. Un comportement établi ne justifie pas systématiquement l’impossibilité de maintenir le salarié pendant le préavis. Les fonctions exercées, l’ancienneté, les consignes reçues et les circonstances concrètes influencent l’appréciation judiciaire.
Ce qu’une requalification peut changer
Si les juges écartent la faute grave tout en reconnaissant une cause réelle et sérieuse, l’employeur peut être condamné à verser l’indemnité de licenciement et l’indemnité compensatrice de préavis. Les congés payés afférents au préavis peuvent également être dus. Le montant dépend du salaire, de l’ancienneté et des textes applicables.
Lorsque le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse, des dommages et intérêts peuvent s’ajouter. Le juge examine aussi les demandes relatives aux salaires d’une mise à pied conservatoire, aux primes et aux documents de fin de contrat. Une irrégularité de procédure peut donner lieu à une réparation dans les limites légales.
La décision prud’homale peut conduire l’employeur à produire des bulletins rectifiés et une nouvelle attestation France Travail. Le demandeur doit transmettre ces documents afin que l’organisme vérifie les effets sur le salaire de référence, les différés et les paiements déjà effectués.
Incidence des indemnités prud’homales sur l’ARE
Une requalification ne supprime généralement pas le caractère involontaire de la perte d’emploi. Elle peut cependant entraîner un recalcul du point de départ de l’indemnisation. Le paiement rétroactif d’un préavis replace juridiquement une rémunération sur une période qui avait d’abord été considérée comme non travaillée.
France Travail peut alors ajuster les allocations versées pour cette même période. Une régularisation n’équivaut pas nécessairement à une sanction. Elle sert à éviter le cumul intégral d’un revenu de remplacement avec une somme couvrant rétroactivement les mêmes jours.
Les indemnités supra-légales obtenues dans une transaction peuvent également créer ou augmenter un différé spécifique. Le traitement dépend de la nature exacte des sommes indiquées dans l’accord. Une ventilation précise entre préavis, indemnité légale, dommages et intérêts et autres créances facilite l’examen.
Préparer un dossier prud’homal utile
La lettre de licenciement constitue la pièce centrale, car elle délimite les griefs. Les courriels, messages professionnels, règlements intérieurs, consignes de sécurité, relevés d’horaires et évaluations peuvent confirmer ou contredire la version de l’entreprise. Les attestations de témoins doivent respecter la forme requise et être accompagnées d’un justificatif d’identité.
Une chronologie factuelle aide à présenter le dossier. Elle peut indiquer la date de connaissance des faits par l’employeur, la mise à pied, la convocation, l’entretien et l’envoi de la lettre. Les écarts de dates permettent parfois d’identifier un problème de prescription ou de procédure.
Le salarié peut être assisté par un avocat, un défenseur syndical ou, selon la phase, un représentant habilité. Un syndicat peut aussi expliquer les dispositions de la convention collective. Cette lecture est utile lorsque le texte prévoit une commission disciplinaire, une garantie de fond ou une indemnité plus favorable.
Transaction, conciliation et conséquences sociales
Un accord peut intervenir avant ou pendant la procédure. La rédaction doit identifier clairement les sommes versées et les concessions consenties. Une formulation trop générale peut compliquer le traitement fiscal, social et assurantiel des indemnités.
La conciliation prud’homale permet de mettre fin au litige dans un cadre judiciaire. Le procès-verbal ou l’accord doit ensuite être conservé avec les bulletins rectifiés. Toute somme reçue après l’ouverture de l’ARE doit être signalée à France Travail lorsqu’elle se rattache au contrat rompu.
Il est prudent d’anticiper une éventuelle régularisation. Une partie de l’indemnité obtenue peut avoir un impact sur le calendrier d’indemnisation, selon sa qualification. L’analyse de l’accord avant signature permet de mesurer cet effet et d’éviter une surprise budgétaire plusieurs mois après le versement.
On en dit Quoi ?
Un salarié licencié pour faute grave doit s’inscrire auprès de France Travail dès la fin du contrat, même s’il envisage une action devant les prud’hommes. Le motif disciplinaire ne bloque pas l’ARE lorsque les conditions générales sont remplies. Le principal risque financier immédiat vient de la perte du préavis et de l’indemnité légale de licenciement. La priorité consiste à vérifier l’attestation employeur, les salaires déclarés et le motif de rupture avant la validation du dossier.
Une mise à pied conservatoire donne-t-elle droit au chômage avant le licenciement ?
Non. Pendant la mise à pied conservatoire, le contrat n’est pas encore rompu et l’inscription au titre de cet emploi n’est généralement pas ouverte. Le droit est étudié après la notification du licenciement et la fin effective du contrat, à partir des documents remis par l’employeur.
France Travail peut-il refuser l’ARE à cause des faits reprochés ?
France Travail n’applique pas une sanction supplémentaire en fonction de la faute. Un refus peut intervenir si une autre condition manque, par exemple une affiliation insuffisante, une inscription hors délai ou une indisponibilité pour travailler. Le motif de licenciement demeure une perte involontaire d’emploi.
Que faire si l’attestation employeur mentionne une démission ?
Il faut demander immédiatement une attestation rectificative et joindre la lettre de licenciement à la demande. Une réclamation écrite permet de dater la démarche. France Travail peut examiner les pièces contradictoires pendant que l’employeur corrige sa déclaration.
Une activité indépendante peut-elle être lancée pendant l’indemnisation ?
Oui, sous réserve de déclarer la création et les revenus selon les modalités communiquées par France Travail. Le demandeur peut étudier un maintien partiel de l’ARE ou, s’il remplit les conditions, le versement d’une partie des droits sous forme de capital.
Les congés payés retardent-ils le premier versement ?
Une indemnité compensatrice de congés payés peut générer un différé avant le début de l’ARE. Un délai d’attente peut aussi s’ajouter. La notification d’ouverture des droits précise le nombre de jours retenus et la date du premier jour indemnisable.
Les variables DATE_PUBLICATION, DATE_SOURCE et DATE_EVENEMENT n’ayant pas été fournies, ce contenu est rédigé de façon atemporelle.

